In Research

Details

Year: 2016
Published in: ICSEM Working Papers
Cited as: Glémain, P., Hénaff, G., Urasadettan, J., Amintas, A., Bioteau, E. & Guy, Y. (2016) “Social Enterprise in France: Work Integration Learning Social Enterprises (WILSEs)”, No. 25 (French version).

Abstract

Dans le cadre d’un nouveau contexte législatif en France (Loi ESS du 31 juillet 2014), la définition des entreprises d’économie sociale et solidaire se trouve interrogée tant dans la qualité que dans les caractéristiques qui jusqu’alors en constituaient le fondement. En effet, l’économie sociale « à la française » était d’abord définie à partir des statuts juridiques des organisations qui la composent : associations, coopératives, mutuelles et fondations. Cette évolution juridique les fait tendre vers la notion d’entreprises à objet social, ainsi qu’elle est défendue par exemple par les travaux du réseau international EMES depuis les années 2000. Il nous semble intéressant de nous approprier, pour mieux le discuter, le concept d’entreprises sociales, en posant l’hypothèse qu’elles sont des organisations collectives et solidaires, dont l’objet est la consolidation des dynamiques économiques locales et des aptitudes individuelles à vivre la vie, ainsi que le conçoivent les personnes qui sont concernées. Nous partons de cette hypothèse parce que le terrain de recherche que nous investiguons en France est celui de l’insertion par l’activité économique, mobilisant des processus d’apprentissage individuel et organisationnel qui nous interrogent. Dans ce cadre, nous aboutissons à la question centrale de recherche suivante : les entreprises sociales apprenantes dans le champ de l’insertion en France constituent-elles un idéaltype, voire un archétype, du couplage apprentissage extra et intra-organisationnel ? Si l’on en croit Colombié et Pillet (2011: 3), « les entreprises sociales et solidaires partagent la même ambition : mettre leur projet entrepreneurial au service de l’homme. Elles combinent ainsi leur démarche économique avec une finalité sociale et/ou une gouvernance participative ». Cependant, la réalité de ces entreprises semble plus complexe qu’il n’y paraît et qu’on ne le pense, tant elles cherchent à résoudre les tensions qui les animent, entre les missions sociales (intégration) dont elles se réclament et la logique de marché dans laquelle elles s’inscrivent. Il en résulte une hétérogénéité de structures et d’organisations qu’il convient de préciser. Pour ce faire nous allons procéder en deux temps. Après avoir rendu compte de la diversité des entreprises sociales d’insertion par l’économique à partir de leurs statuts juridiques, nous proposons une revue de la littérature en distinguant les apports de la théorie des entreprises/organisations apprenantes à notre démarche de caractérisation des entreprises sociales apprenantes dans le champ de l’insertion.